Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06 août 2019

À ciel ouvert

l'inventaire des fétiches,christian cottet-emard,éditions orage lagune express,1988,proses courtes,blog littéraire de christian cottet-emard,marc chagall,littérature,lézard,grenier,violon,chat,pipistrelle,maison,cabane,tulipe,bauge,cave,coquille,ciel,corolle,grillons,enfance

Enfants, la conscience de notre disproportion au monde nous pousse à rêver d’habiter les lieux les plus saugrenus. Qui n’a pas réajusté l’univers à sa dimension en construisant des cabanes, en aménageant des placards et même en s’appropriant un gros arbre creux ?

 

Précaires, rien de ce qui abrite, recouvre, englobe, recèle, en un mot embrasse, n’a échappé à notre élan de conquête. Corolles de tulipes, trous de grillons, coquilles désertées, bauges de sangliers ou caves moussues, tout nous fut recoin de ciel, surtout le grenier craquant de soleil sous la tuile tiédie comme un lézard de pierre.

 

Ne nous arrive-t-il pas de surprendre de temps à autres, nos proches dans les endroits les plus extravagants ? Adultes, nous nous plaisons par exemple, sous prétexte de vérifier la toiture de la maison, à recoller les lambeaux de nos ciels enfantins en dérangeant au détour d’une cheminée notre vieux chat secret chasseur de pipistrelles.

 

L’impossibilité d’habiter nos lieux d’enfance nous conduit cependant à les visiter assidûment. De ces espaces refusés à l’ordinaire des jours, le toit est le plus fréquenté. On raconte ainsi que le grand-père du peintre Marc Chagall s’y réfugiait pour jouer du violon en paix. Voilà pourquoi Chagall a souvent peint dans ses toiles un violoniste sur le toit.

 

Extrait de mon recueil de proses courtes L'inventaire des fétiches, © Éditions Orage-Lagune-Express, 1988. Droits réservés.

Tableau : Le violoniste bleu, Marc Chagall.

 

02 juillet 2019

Carnet / Juillet, le mois des voyages rêvés et réels

éditions club collection,carnet,note,journal,carnet de voyage,vacances,été,tourisme,chronique,italie,portugal,italie promise,christian cottet-emard,éditions orage lagune express,droits réservés,photos,blog littéraire de christian cottet-emard

Lisbonne, détail de la fontaine du Rossio un jour de juillet (photo Christian Cottet-Emard)

Je ne suis pas un voyageur. Jamais l’illusion des lointains ne m’a taraudé. Lors de mes rares déplacements, seul m'importe le retour. Là sonne pour moi l'heure du vrai voyage, le plus complet et le plus aventureux, non plus dans l'espace comme celui qui lui préluda, mais dans le temps.

Parmi les pays que j'ai traversés, par plaisir et par nécessité, l'Italie et le Portugal m'éblouissent et me hantent. D'ailleurs, je suis encore loin d'en avoir épuisé, si cela est possible, toutes les surprises. Les meilleurs moments de ces découvertes ont toujours coïncidé avec des étapes importantes de mon passage de l'adolescence à ce que je ne peux me résoudre à nommer l'âge mûr. D'une certaine manière, l'Italie et le Portugal se sont peu à peu imposés à moi comme une mesure du temps, ce temps où, je le répète, s'accomplit le seul et vrai voyage.

À travers ces notes qui ne relèvent ni du carnet de voyage ni du journal intime, se confondent des lieux et des instants, le plus souvent heureux. Moments du quotidien mille fois revécus en rêves, échappées belles, fuites et retours, exercices d'admiration, ces quelques épisodes ne peuvent sans doute pas signifier grand-chose pour l'amateur éclairé des départs ou pour le chasseur d'aventures inédites.

Que ceux-là passent leurs chemins de hauts vols car c'est au passant des rues mornes que je m'adresse, à l'arpenteur mélancolique des dimanches soirs qui, du fond de sa bourgade, rêve lui aussi de son Italie et de son Portugal vécus et connus de lui seul.

© Éd. Club collection, droits réservés

 

21 avril 2019

Joyeuses Pâques !

Mon poème de Pâques

blog littéraire de christian cottet-emard,fête chrétienne,pâques,poème de pâques,culture chrétienne,occident,christian cottet-emard,poésie,hymne,éloge,office des ténèbres,église,vaisseau,maison,joie,fœhn,pétale,flocon,victoire,lumière,renouveau de l'occident,renaissance,espoir,attente,éditions orage lagune express,droits réservés

Qui sort de l’enfance et se découvre mortel adoucit sa tristesse dans les Pâques

 

Même l’Office des Ténèbres est doux à l’écolier qui n’a pas peur de son église parce qu’il sent qu’elle est une maison et un vaisseau à sa mesure comme à celle du monde

 

Maison où l’on est libre d’entrer ou de sortir

 

Vaisseau du port ou du grand large ou voile blanche à l’horizon

 

Quel voile noir a pu peser si lourd sur la Terre ce vendredi? se demande l’enfant inquiet en entrant dans la nuit épaisse

 

Et quelle est cette attente en ce samedi perplexe jour silencieux sans cloches ?

 

Les voici revenues ce dimanche dans les flocons dans les pétales ou dans la folle joie du fœhn

 

L’enfant anxieux s'éveille alors le cœur délivré parce qu’il entend parler autour de lui en leur concert d’une étrange et prodigieuse victoire sur la mort dont il a vu passer s’étendre et fuir l’ombre provisoire

 

© Éd. Orage-Lagune-Express 2016 pour cette version

Photo : carillon à Porto (photo CC-E)

 

Et en musique, dans la joie de Pâques : Johann Sebastian Bach, l'Oratorio de Pâques.